vendredi 25 mai 1990

Les couleurs du théâtre

Mai 1992, à Cuq Toulza


Mai 1992, le duc Orsino fait du Shakespeare à Cuq-Toulza
Dans le même costume, quelques jours plus tard, 
Vincent traversera tout Revel pour rejoindre la maison
 depuis la salle polyvalente.

Voilà la Comedia Dell'Arte aux portes de l'arrière cuisine. Les couleurs s'engouffrent entre le fromage et le dessert (un poumpet bien sûr). C'est le spectacle de Terminale, 3eme année consécutive de théâtre. L'inattendu est ardemment attendu, par tous.

jeudi 24 mai 1990

18- Olivia

Le théâtre, c'est le foot de notre adolescence. Une histoire de filiation. Mon père a joué longtemps au foot. Même à Revel, en 1989... à 40 ans. Le retour de la gloire, le poste d'arrière droit, comme à Auriac. Les mêmes techniques, le jeu un peu rugueux, viril, mais correct. L'épaule c'est permis. Mais le genou flanche. Les rendez-vous chez Gantet, le fringuant avant-centre kinésithérapeute, se multiplient. 40 ans, c'est dur !
Le théâtre, c'est le lien maternel. Ma mère qui adore le théâtre, qui a joué, qui ne jure que par le théâtre. Vincent a été convaincu. Je suivrai évidemment dans ses pas. Mais sans jamais se croiser. Par pudeur. Je dois attendre qu'il finisse le lycée pour commencer ma 1ere année de théâtre. Et les frères Rivière qui ont eu le droit de se croiser sur scène. Injuste. Le fossé est là. C'est chacun son tour chez nous.
Je suis remonté à bloc. Le premier spectacle de théâtre du lycée, c'est au vieux cinéma de Revel. Il ferme cette année là ce pauvre cinéma. Il est un peu miteux, c'est une salle d'après guerre! Vincent est en seconde. C'est l'année du Songe d'une Nuit d'Eté.  Il joue l'âne, Bottom. Puck est joué par le grand frère Rivière, et Titania par la plantureuse allemande. Cette année là, la pièce de Shakespeare est à l'affiche du théâtre de Chaillot, face à la tour Eiffel. Vincent veut voir la version de Jérôme Savary, pour souffrir la comparaison de Paris. Génial Paris. Si loin, et si compliqué pour y aller. Et surtout si cher. Vincent la débrouille, Vincent le généreux, le voilà convaincu qu'il faut que toute la troupe face ce voyage. C'est sûr. Le bal du lycée s'organise. C'est compliqué, il est à la manœuvre. Il faut coller des centaines de papier jaunâtre vantant l'événement. C'est un succès. Les fonds sont réunis. Le projet est possible. En route. Génial.