samedi 19 octobre 1991

Collection automne hiver 1991

Octobre 1991, à Revel (Gymnase de la Rigole)





Notre voisin Aymes, qui vend des vêtements sur les marchés du coin participe à un événement ACAIR, la fameuse Association des Commerçants, Artisans et Industriels Revélois!
Les beaux gosses du quartier sont réquisitionnés. En plus, Vincent fait déjà du théâtre à cette époque là, et il a l'habitude des planches. Je pense que le voisin le connaissait d'ailleurs surtout à ce titre là.
Le soir même, Vincent est sur l'estrade, après avoir passé l'après-midi à imiter la marche rythmée des mannequins adulés de l'époque.

Le soir, il me racontera du haut de ses 17 ans, que ses souvenirs seront moins marqués par le passage sur les planches de l'estrade à la lumière, que par le spectacle dans l'ombre des coulisses.
Plus concrètement, le pyjama qu'il porte sur la photo lui sera offert et restera dans sa garde robe jusqu'à ses années parisiennes.



samedi 25 mai 1991

21- Jean Vigo

Le point d'orgue de ce théâtre, c'est après les 3 représentations de fin mai, il y a le week-end à Millau. Ca dure un week-end, mais c'était tellement génial que je l'attends toute l'année ce week-end, et il me semble durer 4 semaines ce week-end. C'est mon moment dans l'année. Vincent m'en avait parlé comme du truc le plus génial qui pouvait exister, le lycée Jean Vigo. J'adorais. J'adorais même les 3 années quand c'était lui qui y allait. C'était trop génial, il allait tout me raconter. J'adorais. Il ne me racontait pas grand chose en fait, car il me prenait pour un petit, mais j'adorais, j'adorais.
En 1991, Vincent endosse le costume d'Evaristo dans l'évantail de Goldoni. C'est sa deuxième pièce au théâtre du lycée, après un Shakespeare. Goldoni, Shakespeare, ça devient mes références absolues. Ils ont du écrire autant de pièces l'un que l'autre, c'est à dire des centaines, vu qu'ils y ont consacré leur vie. Mais pour moi, il n'y a que 3 pièces qui comptent. Quinze ans plus tard, Vincent achète son appartement à Paris avec Christelle. Vincent me montre les rues alentour. A 50m de l'appartement, il y a la place Goldoni. Je souris. Il sourit. On continue vers le restaurant rue Greneta. Je pense alors à ce qu'a écrit un confrère italien de Goldoni: "Il me semble que c'était hier que j'étais arrivé".